À défaut d’éducation…

La différence entre éducation et instruction est certainement très subtile. Mais, nous aurions tort de sous-estimer son importance, surtout dans un monde où tout – études et emploi compris – est une véritable compétition

L’éducation comprend la formation d’une personne, plus particulièrement d’un enfant ou d’un adolescent, en développant ses qualités physiques, intellectuelles et morales, de façon à lui permettre d’affronter sa vie personnelle et sociale avec une personnalité suffisamment épanouie. C’est l’éducation qui, en associant socialisation et savoir-vivre, inculque les valeurs d’éthique et de citoyenneté.
Instruire est l’action de former l’esprit, la personnalité de quelqu’un par une somme de connaissances liées à l’expérience, à la vie, aux événements. C’est l’instruction qui apporte une culture, un métier, un savoir-faire. C’est en associant les deux que l’on donne les moyens aux futurs adultes de pouvoir réussir personnellement et professionnellement. Et pourtant, c’est souvent l’instruction qui est privilégiée dans notre scolarité, au détriment de l’éducation.

L’éducation négligée
Le système éducatif a subi bien des aménagements et des réformes, la dernière en date étant le ‘nine-year schooling’, qui n’a pas été sans controverse. Les changements dans le domaine éducatif sont les bienvenus, mais la priorité du gouvernement devrait être d’assurer que chaque enfant reçoive une bonne éducation en sus de l’instruction formelle. Car ce n’est pas seulement en introduisant ce qu’on appelle des leçons de morale qu’on rétablira cette éducation qui est un ensemble de paramètres, commençant par le respect des autres.

À l’heure actuelle, le côté éducatif est négligé, et ce n’est que l’instruction qui est transmise aux enfants. L’éducation reste ainsi à la seule charge des parents, qui sont, souvent, dépassés par les événements. Pourtant, si l’on regarde ce qui ce passe dans la vie quotidienne, non en théorie, mais en pratique, on pourrait constater que la plupart des enfants passent plus de temps à l’école, avec les maîtres, qu’avec leurs parents. Ces mêmes parents, dont la majorité rentre tard du travail le soir, ont à s’occuper de la préparation des repas, de l’entretien de la maison, et il leur reste ainsi très peu de temps à accorder à leurs enfants pour leur donner cette éducation et cette culture sociale dont ils ont tant besoin.

Des visites aux musées, des sorties au théâtre ou au cinéma, le sport, la danse ou encore la musique contribuent aussi à l’éducation des enfants. Si cela se faisait régulièrement, cela équivaudrait à moins de vacances, mais aussi moins d’heures de cours théoriques par jour. Dans ce sens, les programmes scolaires sont à revoir en concertation avec les enseignants. Savoir lire, écrire, s’exprimer correctement et calculer sont primordiaux pour les jeunes, mais d’autres connaissances acquises sur le terrain grâce aux sorties scolaires aideront les écoliers à connaître notre patrimoine historique et culturel, et à enrichir le début d’une culture personnelle.

Il y a là un pas que beaucoup – pédagogues, décideurs et même parents – n’osent pas franchir. Pour ceux-là, l’instruction formelle et souvent purement académique, quand elle n’est pas seulement théorique, devrait suffire. C’est, selon certains, passer à côté de ce que l’éducation est censée être, c’est-à-dire former des jeunes à la vie pour qu’ils puissent intégrer plus facilement, en fin de parcours scolaire, la vie, à la fois sociale et professionnelle.

Capital Media

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