Friday, October 12, 2018

Les nouvelles technologies ont ouvert la voie à des progrès qu’on aurait jadis qualifiés de fiction. Aujourd’hui une nouvelle culture s’installe avec une notion d’horizontalité qui a été, durant des siècles, une énigme pour l’homme. Cette horizontalité synonyme de liberté et d’égalité est le fil conducteur capable de dépasser le cadre restreint et nous inspirer pour mieux avancer.

Toutefois, la réconciliation entre le monde virtuel et les réalités de la vie réelle se révèle être un tout autre défi. Le besoin sécuritaire de préserver l’individualité de chaque citoyen du monde tout en respectant une multitude de cadres légaux et de bénéficier des services du numérique a été au cours de la dernière décennie, et à juste titre, un aspect non négociable. Les craintes sont plus considérables lorsqu’il s’agit de transactions financières, monnaies électroniques ou transferts d’actifs.

La méfiance qui accompagnait le démarrage du Bitcoin, précurseur du phénomène, cède désormais la place à un engouement pour la technologie de stockage numérique décentralisée et totalement sécurisée – La Blockchain. En simple, il s’agit d’un registre virtuel.

Face à ce déferlement contagieux, l’île Maurice, favorisée par des mesures incitatives et de la politique fiscale attire de plus en plus l’intérêt des investisseurs qui ont en ligne de mire le continent africain. En attendant la mise en place du cadre réglementaire de Blockchain, les professionnels mauriciens multiplient les démarches afin de profiter des opportunités qu’offre le développement de l’écosystème Blockchain ainsi que ses applications potentielles. La lenteur décriée par certains acteurs du secteur résulte de l’incompréhension des non-initiés à la tête des institutions enchaînés aux pratiques du passé et pour qui le Blockchain reste très mystique.  Cependant, plusieurs startups et institutions privées se sont aventurés à s’adapter aux nouvelles tendances du marché. Entre autres, un regroupement de jeunes professionnels au parcours impressionnant qui ont fondé le réseau d’Identification IAME (abréviation de I AM ME), un système d’identification décentralisé́ créé pour l’écosystème Blockchain.

Selon Nathaniel Tsang Mang Kin, un des fondateurs de IAME et responsable de la réglementation, « il s’agit de prendre toutes précautions utiles, au regard des données et des risques présentés par le traitement, afin de préserver la sécurité des données et, notamment, empêcher qu’elles soient déformées, endommagées, ou que des tiers non autorisés y aient accès. IAME permet à la vérification des transactions, sans avoir à dévoiler des informations personnelles sensibles et non essentielles aux contreparties. Cette vérification se fait par la fragmentation de l’information à un niveau inintelligible, et en comptant sur une multitude d’authentificateurs indépendants pour en valider chaque fragment. L’assemblage de ces vérifications fragmentées constitue une vérification d’identité complète, alors que seul le véritable propriétaire de cette information conserve la totalité de ses données »

Pour Suryani Chang, CTO de la compagnie Mobi Move (www.mobimove.com) et responsable de la mise en place du réseau IAME, « La désintermédiation rendue possible par IAME ouvre le champ à de multiples applications, capables de bouleverser notre monde. Notre offre porte plusieurs avantages, attractifs surtout en ce qui concerne, une meilleure gouvernance, réduction des coûts, rapidité et une confidentialité totale. »

Quant aux deux autres maillons incontournables du réseau IAME, Steven Ferguson et Chirag Patel, ils partagent un enthousiasme qui nous rappelle les débuts du jeune prodige, l’inventeur de l’Ethereum – Vitalik Butterin. Ensemble les quatre jeunes sont confiants que leur projet rendra le monde plus équitable en étant horizontal et souhaitent voir une collaboration entre startups, banques et gouvernement car, selon eux, IAME  peut offrir une autonomisation financière  et stimuler considérablement la croissance économique du pays.

Concrètement, IAME propose un développement à fond du caractère décentralisé de la blockchain. Avec une sécurité rigoureuse et transparence absolue, IAME s’aventure vers des applications bien plus larges que le domaine monétaire ou pour le transfert d’actifs. La société mauricienne entend développer des applications de la blockchain, avec un champ d’exploitation qui peut éventuellement intéresser non seulement des banques ou gestionnaires de patrimoines, mais aussi des sociétés d’assurances, santé et industrie pharmaceutique, distribution, agroalimentaire ou le marché du luxe.

La toute première ICO par une startup mauricienne

Le point de départ pour IAME est la ICO (Initial Coin Offering) qui consiste à lever des fonds, via l’émission d’actifs numériques échangeables contre des cryptomonnaies durant la phase de démarrage du projet. L’actif numérique, appelé « jetons » (tokens) a été baptisé « IAM ». Dans un premier temps, les jetons  seront émis par IAME et peuvent être acquis par quiconque lors de l’ICO en échange de cryptomonnaie (l’ether). Ces jetons sont liquides du fait qu’ils sont vendables et achetables sur des plateformes d’échange, à un taux dépendant de l’offre et de la demande. D’où l’intérêt d’acheter les jetons “IAM” au tout début du processus, lorsque leur valeur est encore relativement faible. Cette opération délicate qui sera lancée dans les jours à venir est un évènement en soi dans le paysage mauricien, qui verra naître son tout premier jeton 100% local – « IAM ».

Ce projet offre aussi l’opportunité à des centaines d’authentificateurs indépendants de rentabiliser leurs temps libre en gagnant des jetons. Il suffit d’un smartphone, une connexion wifi, vos doigts et la capacité à réconcilier des formes à des lettres. Bref, un jeu d’enfant. Pour plus d’info visitez www.iame.io

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