Secteur des Services: Formation en Politesse ?

Une nation de diplômés qui ignorent les règles les plus élémentaires de courtoisie ? C’est là tout le paradoxe de notre système éducatif qui, s’il arrive à tirer le meilleur parti de la performance académique de nos jeunes, pèche par manque de formation en relations humaines. Au grand dam des recruteurs qui peinent à trouver le maillon fort ayant à la fois les qualifications et compétences requises, en sus d’un bon sens du relationnel.

S’il fallait attribuer une note à notre secteur des services, Maurice ne s’en tirerait pas à si bon compte malgré tout le bien que l’on pense et que l’on dit de sa population. Car, bien que la notion de service soit plus ou moins bien ancrée, une mentalité héritée sans doute de notre passé colonial nous interdit de faire montre d’une politesse et d’une courtoisie qui nous permettrait d’avoir un plus sur nos concurrents.

La faute en revient presque exclusivement à la formation qui est réservée à nos jeunes désireux d’évoluer dans le monde des services. Les techniques sont apprises et maîtrisées, mais pas forcément le sens du relationnel qui constitue le pivot de ces professions liées au secteur des services.

Ainsi par exemple, un petit tour sur le site web de l’École Hôtelière Sir Gaëtan Duval montre que les formations liées à l’industrie du tourisme couvrent un champ assez vaste de cours qui comprennent certaines bases. Mais celles-ci semblent apprises par cœur et des formules toutes faites sont utilisées à tout va sans l’apport subjectif de l’apprenant.

En clair, la formation est là, mais elle reste « livresque » au point que les formules de politesse et les marques de courtoisie semblent souvent artificielles. Il en est de même pour les cours de secrétariat dispensés par divers centres à travers le pays. Si les cours sont assez détaillés en termes de contenus pour les services administratifs, ils semblent pour la plupart négliger l’aspect humain primordial à l’image et à la réputation de Maurice, du moins en termes de services offerts au public.

Retour aux valeurs simples

Serait-il alors temps de mettre sur pied une école spécialisée dans la formation en politesse et en courtoisie ? C’est là une question qui peut paraître farfelue, mais dans notre société où l’impolitesse et l’indélicatesse dominent, cette question mérite réflexion!

Si les bonnes manières ne s’apprennent pas à la maison, elles ne s’apprennent pas non plus à l’école où les garants de l’éducation de nos jeunes sont eux-mêmes souvent coupables d’un manque flagrant de politesse et de courtoisie.

Car, le Mauricien lui-même reconnaît que l’impolitesse et l’absence de courtoisie caractérisent notre société. Or, si les bonnes manières ne s’apprennent pas à la maison, elles ne s’apprennent pas non plus à l’école où les garants de l’éducation de nos jeunes sont eux-mêmes souvent coupables d’un manque flagrant de politesse et de courtoisie.

Christina, enseignante dans une école publique, le confirme : « C’est vrai que certains enseignants ont eux-mêmes du mal à se montrer polis et courtois. Forcément, on ne peut s’attendre dans une telle atmosphère que les élèves et étudiants apprennent ce qu’est la politesse et la courtoisie ». Pour elle, il faudrait peut-être en revenir à certains cours qui ont aujourd’hui disparu du programme scolaire comme l’éducation civique que suivaient naguère nos parents et grands-parents. Ce retour à des valeurs simples mais ô combien utiles et importantes permettrait de donner un plus à nos jeunes, en particulier ceux qui ambitionnent de partir sous d’autres cieux pour leurs études ou pour leur carrière professionnelle.

Absence flagrante

Nombreux sont les candidats mauriciens qui échouent aux entretiens d’embauche par défaut de politesse ou de courtoisie. Un responsable d’une compagnie privée nous a ainsi raconté qu’il a récemment eu affaire à une candidate qui, en sus de faire preuve d’une absence flagrante de bonnes manières, a eu l’outrecuidance de lui déclarer durant l’entretien qu’elle n’avait postulé non par conviction, mais parce qu’il lui fallait bien un travail pour faire comme ses amis et pour satisfaire la volonté de ses parents.

A l’étranger la situation se complique car il y a en outre la barrière linguistique. Un recruteur français d’un centre d’appels nous indique ainsi que les candidats mauriciens possèdent souvent les qualifications nécessaires, mais sont mal à l’aise à un entretien d’embauche car ne sachant comment répondre aux marques de politesse ni comment répondre aux questions. Et il partage cet avis selon lequel il faudrait peut-être se tourner vers une formation spécialisée en courtoisie destinée à tous les étudiants du pays.

« Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il faut une école de la politesse ici et sans doute une telle idée ferait sourire beaucoup. Mais le système éducatif, à tous les niveaux, du primaire au tertiaire, devrait intégrer un cursus portant sur les bonnes manières, pour faire simple », nous dit notre interlocuteur, qui pense qu’une telle démarche aura des résultats absolument positifs pour nos jeunes quand viendra le moment pour eux de chercher un emploi.

D’ici là, toutefois, les employeurs n’ont pas trop le choix et doivent se contenter d’inculquer des notions de savoir-vivre en sus de celles de savoir-faire. A condition, bien entendu, qu’eux-mêmes en aient !

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thiruthiraj

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