de nouveaux éléments d’un krach s’accumulent

(Agence Ecofin) – Le régulateur français des marchés financiers a averti d’une hausse des risques sur les marchés boursiers. Le même défi se pose aux Etats-Unis quoique sur des aspects légèrement différents. L’Asie, et surtout la Chine, séduit, mais des poches de menace existent dans cette région.

Les éléments d’un futur krach continuent de s’accumuler pour les principales bourses du monde, notamment celles des pays développés. Alors qu’il est désormais certain qu’une reprise en “V” (extrêmement rapide) des économies n’est plus envisageable avant le début de l’année 2022, plusieurs informations font état de nombreux risques qui pèsent sur les placements des investisseurs et pourraient conduire à un effondrement de la valeur des sociétés cotées.

En France, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a publié récemment sa cartographie 2020 des marchés et des risques. Le document présente les nombreux défis qui font suite au financement de la relance économique post-covid-19. La cartographie met aussi en avant le fait qu’on assiste aujourd’hui à une montée des risques pour la stabilité financière avec la solvabilité dégradée de nombreuses entreprises. Une nouvelle baisse des valeurs boursières est ainsi envisagée.

La dette des entreprises du secteur non financier est aussi devenue préoccupante. Pour l’ensemble des sociétés cotées sur les marchés financiers des pays développés, elle s’accroît du fait de la chute de leurs revenus. Or les mesures de soutien qui leur ont été apportées sont soit de nouveaux prêts, soit des restructurations de la dette existante. « Au niveau mondial, le risque d’insolvabilité constitue une vulnérabilité générale avec la menace de vagues de dégradations de notation et la crainte de mouvements de grande ampleur sur les marchés obligataires », prédit l’AMF.  

Alors que les perspectives pour les entreprises ne sont pas totalement rassurantes, les ménages dans les pays occidentaux où les gouvernements ont soutenu les revenus ont constitué une solide épargne. Avec la sortie progressive de la crise et la peur de revivre un nouveau choc, plusieurs épargnants souhaitent placer leurs ressources sur des produits financiers rentables. Cette situation risque de surévaluer les sociétés cotées au-delà de leurs fondamentaux économiques.

L’Amérique dans une profonde confusion 

Aux Etats-Unis, des risques existent aussi, mais à des proportions différentes. Un des indicateurs que suivent les investisseurs, c’est le comportement de Berkshire Hathaway sur les bourses américaines. Le conglomérat fondé par le milliardaire américain Warren Buffet est fortement surveillé par les analystes et traders, en raison de sa réputation à savoir faire des placements rentables.

Selon des données collectées sur la plateforme Capital IQ de S&P Global Ratings, la trésorerie de Berkshire Hathaway était de 137,2 milliards $. L’entreprise depuis fin mars 2020, a vendu pour 6,4 milliards $ d’actions et n’a jusqu’à récemment acquis que pour 1,6 milliard $ de nouvelles actions. « Nous n’avons rien fait parce que nous ne voyons rien de si attrayant à faire », a déclaré Warren Buffet lors de l’Assemblée générale des actionnaires de son entreprise en mai 2020.

Le milliardaire américain a des raisons d’être prudent. Dans sa dernière analyse sur la situation post-covid-19, S&P Global Ratings a fait savoir que la reprise des économies dans le monde ne sera pas la même partout, et surtout restera très incertaine. L’agence de notation explique que le nombre d’entreprises américaines dont la dette est devenue spéculative pour les investisseurs est passé à 12,7%, son niveau le plus élevé depuis de nombreuses années. Elle indique qu’une vraie reprise risque de prendre plusieurs années.

Dans le même temps, investir sur les obligations américaines sera soit non rentable, soit risqué. La Réserve fédérale américaine (FED) a abaissé ses taux jusqu’à un niveau proche de zéro. Elle s’est jusqu’ici forcée à ne pas adopter des taux négatifs. Elle n’exclut pas de limiter la hausse des rendements sur les obligations. Actuellement, les experts et économistes de renom sont assez divisés sur les avantages d’une telle décision.

En l’absence d’un soutien effectif, la dette des entreprises américaines deviendra insupportable et le risque de faillite ira croissant. Enfin, la FED a décidé d’arrêter ses interventions sur le marché de la pension livrée. Elle l’a commencé en septembre 2019 lorsque les premiers signes d’un dysfonctionnement sur le marché interbancaire se sont fait sentir. Fin mars 2020, ses injections de liquidité ont atteint les 5000 milliards $ par semaine, même si les banques n’en prenaient que le dixième.

L’Asie séduit, mais présente des menaces

Les refuges qui restent pour les investisseurs sont les marchés émergents d’Asie et dans une certaine mesure, les marchés frontières. Selon le Fonds monétaire international, l’Asie emmenée par la Chine est la seule partie du monde où on aura une croissance cumulée de plus de 3% d’ici fin 2021. Les bourses chinoises particulièrement affichent un niveau élevé des transactions boursières. Selon des informations fournies par Refinitiv, la plateforme des données de Reuters, la valeur des sommes levées au cours du premier semestre 2020 sur les bourses de ce pays est de 135 milliards $. Elle est en hausse de 26,1% comparée à la même période en 2019, mais surtout, c’est le record des 5 dernières années.

Il y a aussi une grosse frénésie des investisseurs notamment chinois sur les marchés financiers locaux, selon des informations rapportées par Bloomberg. Cela est confirmé par des données collectées sur les bourses chinoises. La valeur boursière des 4703 sociétés qui constituent ces marchés s’est accrue de 2352,3 milliards $ depuis le début de l’année 2020, dont pratiquement 2096 milliards $ sur ces 30 derniers jours.

A titre de comparaison, les 6427 sociétés cotées sur les marchés financiers des pays développés d’Europe ont vu leur valeur boursière baisser de 2069 milliards $ depuis le début de l’année et de 1577,13 milliards $ rien que sur ces 30 derniers jours. Enfin, les 10 000 sociétés américaines cotées sur les bourses des Etats-Unis ont perdu 976,2 milliards $ depuis le début de l’année 2020. Lorsqu’on retire les valeurs GAFAM (Google, Apple Facebook, Amazon, Microsoft) et aussi les valeurs indicielles gérées par la firme Vanguard, la perte pour le reste des sociétés cotées est de 2581 milliards $.

Cette attractivité des bourses chinoises cache cependant quelques limites. Déjà, le nombre d’entreprises reste limité et ne pourrait satisfaire un afflux massif des investisseurs du monde entier. La deuxième limite tient de la gouvernance chinoise qui reste incertaine pour les investisseurs qui ne connaissent pas bien le pays. Il y a enfin, la dette chinoise. Même si le PIB du pays est attendu à plus de 3,2% sur les deux prochaines années, la dette gouvernementale et celle sous-jacente des sociétés publiques devient chaque jour un problème.

Les émissions d’obligations sur le premier semestre 2020 ont atteint 1110 milliards $ dont 45% émis par le gouvernement ou les sociétés parapubliques. On a aussi relevé que plusieurs banques et entreprises ont mobilisé près de 80,1 milliards $ via l’émission d’obligations perpétuelles. On ignore quelle suite aura la guerre économique qui oppose la Chine à son grand rival de l’heure, les USA.

Idriss Linge

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by : Agence Ecofin

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