Le japonais SoftBank soupçonné d’avoir poussé la valeur des grandes entreprises du Nasdaq à la hausse

(Agence Ecofin) – La presse internationale semble avoir trouvé en SoftBank, le responsable de la hausse vertigineuse des actions des sociétés technologiques américaines. Etablir des preuves de cette hypothèse ne sera pas facile, vu le dynamisme des investisseurs américains eux-mêmes.

Le conglomérat japonais SoftBank est présenté comme le « mystérieux responsable » de la hausse vertigineuse des actions des grandes entreprises cotées sur la Bourse américaine des valeurs technologiques (Nasdaq). L’information publiée pour la première fois par le Financial Times (FT) cite des sources anonymes proches des opérations boursières.

Pour le moment, aucune donnée tangible ne vient confirmer cette hypothèse, mais l’information est prise au sérieux. Ce lundi 7 septembre, la Bourse de Tokyo a réagi et SoftBank qui y est coté a vu sa valeur boursière reculer de 946 milliards de yens (environ 9 milliards $), alors que ce marché financier avait clôturé ses activités.

Concrètement, il est dit que le conglomérat fondé par le financier japonais Son Masayoshi est l’institution qui a dynamisé la demande des produits financiers appelés « options d’achat » ou « call » sur les valeurs technologiques américaines. Sur le plan financier, un investisseur peut prendre l’option sans obligation de conclure l’affaire, d’acquérir une action dans le futur pour un prix précis.

Généralement, le prix proposé a un léger surcoût pour convaincre le détenteur de l’action. Si le prix convenu est atteint, l’initiateur de l’option d’achat peut ainsi acquérir l’action au prix convenu. En espérant que sa proposition soit dépassée, cela lui fera gagner de l’argent. Dans une telle configuration, plus une action fait l’objet d’option d’achat, plus sa valeur augmente et des investisseurs comme SoftBank misent sur ce pari, ou font une proposition d’options de vente.

SoftBank n’a pas réagi depuis la parution des informations. Pourtant, il faut bien que ses responsables apportent des clarifications à ce sujet. Si sa valeur a chuté sur la Bourse de Tokyo, c’est parce que le Nasdaq et plusieurs grandes sociétés technologiques qui la composent ont chuté de près de 10% le vendredi 4 septembre.

Si le groupe japonais y est autant exposé, ses pertes pourraient s’aggraver. Une situation dont ses investisseurs ne souhaitent pas être victimes.

La question est de savoir si SoftBank est l’auteur de la situation actuelle sur le Nasdaq. Le premier élément qui est présenté, c’est que la holding a récemment dans son rapport financier du premier trimestre s’achevant fin juin 2020, annoncé son intention de mettre en place un véhicule d’investissement dédié à des opérations spéculatives sur les bourses de valeurs. Le deuxième élément c’est que l’entreprise détenait récemment encore des actions de sociétés technologiques d’une valeur proche de 4 milliards $. Enfin, il y a le fait qu’elle a le profil de la structure capable de prendre de tels risques sur un marché.

Toutefois, on note que la totalité de l’exposition de SoftBank aux titres technologiques en tenant compte des options d’achat ou de vente, est estimée à 50 milliards $ au plus. Or, selon des médias américains qui citent l’unité de recherche de la banque d’investissement Goldman Sachs, les transactions journalières concernant les contrats d’option sur des produits financiers ont été multipliées par trois depuis mars 2020 pour atteindre 335 milliards $.

C’est le signe que de nombreux investisseurs individuels ou institutionnels se sont livrés à cette pratique pour continuer de générer du revenu. Les effets de la covid-19 ont profondément perturbé l’activité économique réelle et celle des marchés. Une des autres hypothèses du boom des valeurs technologiques, c’est que du fait d’importantes injections de liquidité au sein de l’économie américaine et face à des taux d’intérêt toujours bas, les sociétés technologiques sont devenues un refuge pour les investisseurs.

Idriss Linge



by : Agence Ecofin

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